# PRÉPARATION OLYMPIQUE FRANÇAISE DE MATHÉMATIQUES

ENVOI 5 : Pot-POURRI
À RENVOYER AU PLUS TARD LE 28 AVRIL 2023
Les consignes suivantes sont à lire attentivement :
- Le groupe junior est constitué des élèves nés en 2008 ou après. Les autres élèves sont dans le groupe senior.
- Les exercices classés "Juniors" ne sont à chercher que par les élèves du groupe junior.
- Les exercices classés "Seniors" ne sont à chercher que par les élèves du groupe senior.
- Les exercices doivent être cherchés de manière individuelle.
- Utiliser des feuilles différentes pour des exercices différents.
- Respecter la numérotation des exercices.
- Bien préciser votre nom en lettres capitales, et votre prénom en minuscules sur chaque copie.
## Exercices Juniors
Exercice 1. Trouver toutes les triplets d'entiers positifs $(x, y, z)$ satisfaisant l'équation
$$
x!+2^{y}=z!
$$
## Solution de l'exercice 1
Soit ( $x, y, z$ ) un triplet solution.
On cherche dans un premier temps à réduire le nombre de valeurs que $x$ peut prendre. Pour ce faire notons que $x$ ! < $<$ ! donc $x5>P(1001!+2)$. Il semble assez intuitif que cela implique qu'il existe un entier k tel que $\mathrm{P}(\mathrm{k})=5$, nous allons prouver cela.
Soit $k$ le premier entier tel que $\mathrm{P}(\mathrm{k}) \leqslant 5$. On sait que $\mathrm{k}>1$, donc $\mathrm{P}(\mathrm{k}-1)>5$ par minimalité. Ainsi, on a forcément $P(k)=P(k-1)-1$ (pour avoir $P(k) \leqslant 5$ ), donc $P(k)>4$. Ainsi $P(k) \geqslant 5$, or par définition $P(k) \leqslant 5$, donc $P(k)=5$.
Ainsi la réponse à l'énoncé est oui : il existe bien un bloc de 1000 entiers consécutifs avec exactement cinq entiers premiers.
Commentaire des correcteurs : L'exercice a globalement été bien traité, mais peu d'élèves ont réussi à bien formuler le fait qu'il existe 1000 nombres composés consécutifs.
Exercice 7. On dit qu'un entier $k>1$ est superbe s'il existe $\mathrm{m}, \mathrm{n}, \mathrm{a}$ trois entiers strictement positifs tels que
$$
5^{\mathrm{m}}+63 \mathrm{n}+49=\mathrm{a}^{\mathrm{k}}
$$
Déterminer le plus petit entier superbe.
## Solution de l'exercice 7
Supposons que $k=2$ est superbe : il existe trois entiers strictement positifs $\mathrm{m}, \mathrm{n}, \mathrm{a}$ tels que $5^{\mathrm{m}}+63 \mathrm{n}+$ $49=a^{2}$. En regardant modulo $3,5^{\mathrm{m}}+1 \equiv 2^{\mathrm{m}}+1 \equiv \mathrm{a}^{2}(\bmod 3)$. Or les puissances de 2 modulo 9 valent alternativement 2 si m est impair, puis 1 si m est pair, donc $2^{\mathrm{m}}+1$ vaut soit 2 soit 0 modulo 3 . Comme les carrés modulo 3 sont 0 et 1 , on en déduit que $2^{\mathrm{m}}+1$ vaut 0 modulo 3 , donc que $m$ est impair. En regardant modulo 7 , on obtient que $5^{\mathrm{m}} \equiv \boldsymbol{a}^{2}(\bmod 7)$. Or les carrés modulo 7 sont $0,1,2,4$, et les puissances de 5 alternent entre $1,5,4,6,2,3$. Ainsi $5^{\mathrm{m}}$ vaut $0,1,2$ ou 4 si et seulement si $m$ vaut 0,2 ou 4 modulo 6 , ce qui est impossible car $m$ est pair. Ainsi $k \neq 2$.
Supposons que $\mathrm{k}=3$ est superbe : il existe trois entiers strictement positifs $\mathrm{m}, \mathrm{n}$, a tels que $5^{\mathrm{m}}+63 \mathrm{n}+$ $49=a^{3}$. En regardant modulo $7,5^{\mathrm{m}} \equiv \mathrm{a}^{3}$. Or les cubes modulo 7 sont $0,1,6$. Et les puissances de 5 modulo 7 alternent entre $1,5,4,6,2,3$. Ainsi on obtient que $m \equiv 0(\bmod 6)$ ou $m \equiv 3(\bmod 6)$ : dans tous les cas 3 divise m . On regarde alors modulo 9 : on a $5^{\mathrm{m}}+4 \equiv \mathrm{a}^{3}$. Or comme m est divisible par 3 , $5^{m}$ et $a^{3}$ sont des cubes. Les cubes modulo 9 sont $0,1,8$. Ainsi $5^{m}-a^{3}$ peut valoir $0,1,2,7,8$ modulo 9 , mais pas 4 ce qui est contradictoire. Ainsi $k \neq 3$.
Supposons que $k=3$ est superbe : il existe trois entiers strictement positifs $\mathbf{m}, \mathrm{n}$, a tels que $5^{\mathrm{m}}+63 \mathrm{n}+$ $49=a^{4}=\left(a^{2}\right)^{2}$. En particulier, 2 est superbe ce qui est contradictoire.
Notons que 5 est superbe : en prenant $\mathbf{a}=3$, on a $\mathbf{a}^{\mathrm{k}}=3^{5}=243=5^{1}+63 \times 3+49$ donc 5 est superbe. Ainsi 5 est le plus petit entier superbe.
Commentaire des correcteurs : L'exercice a été traité par peu d'élèves, qui l'ont bien résolu.
Exercice 8. Soit $x, y, z$ trois nombres réels vérifiant $x+y+z=2$ et $x y+y z+z x=1$. Déterminer la valeur maximale que peut prendre $x-y$.
Solution de l'exercice 8
Soit ( $x, y, z$ ) un triplet vérifiant l'énoncé. Quitte à échanger $x$ et le maximum du triplet, puis $z$ et le minimum du triplet, on peut supposer $x \geqslant z \geqslant y$, tout en augmentant $x-y$.
Comme $x+y+z=2$, on a $4=(x+y+z)^{2}=x^{2}+y^{2}+z^{2}+2(x y+y z+x z)=x^{2}+y^{2}+z^{2}+2$, donc $x^{2}+y^{2}+z^{2}=2$.
En particulier $(x-y)^{2}+(y-z)^{2}+(x-z)^{2}=2\left(x^{2}+y^{2}+z^{2}\right)-2(x y+y z+x z)=2$. Or par inégalité arithmético quadratique, $(x-z)^{2}+(z-y)^{2} \geqslant \frac{(x-z+z-y)^{2}}{2}=\frac{(x-y)^{2}}{2}$, donc $2 \geqslant(x-y)^{2}+\frac{(x-y)^{2}}{2}=$ $\frac{3(x-y)^{2}}{2}$, donc $(x-y) \leqslant \frac{2}{\sqrt{3}}$.
Essayons de montrer que cette valeur est atteignable. Si on a $x-y=\frac{2}{\sqrt{3}}$, alors on a égalité dans l'inégalité arithmético quadratique : ainsi $x-z=z-y$, donc comme leur somme vaut $x-y, x-z=z-y=\frac{1}{\sqrt{3}}$. En particulier, comme $x+y+z=3 z+(z-x)+(z-y)=3 z$, on a $z=\frac{2}{3}, x=\frac{2}{3}+\frac{1}{\sqrt{3}}$ et $y=\frac{2}{3}-\frac{1}{\sqrt{3}}$. Réciproquement, pour ces valeurs de $x, y, z$, on a bien :
$-x+y+z=3 \times \frac{2}{3}=2$
$-x y+y z+z x=x y+(x+y) z=\left(\frac{2}{3}+\frac{1}{\sqrt{3}}\right)\left(\frac{2}{3}-\frac{1}{\sqrt{3}}+\frac{4}{3} \times \frac{2}{3}=\frac{4}{9}-\frac{1}{3}+\frac{8}{9}=\frac{9}{9}=1\right.$
$-x-y=2 \times \frac{1}{\sqrt{3}}=\frac{2}{\sqrt{3}}$
Ainsi $(x, y, z)$ vérifie les conditions de l'énoncé, et $x-y=\frac{2}{\sqrt{3}}$, donc la valeur maximale que peut prendre $x-y$ est $\frac{2}{\sqrt{3}}$.
Commentaire des correcteurs : L'exercice a été assez peu abordé. La principale erreur est d'oublier de trouver des $x, y, z$ pour lesquels on a égalité.
Exercice 9. Soit $A B C$ un triangle et $I$ le centre du cercle inscrit. On note $D$ et $E$ les pieds des bissectrices issues de $B$ et $C$. Soit $X$ l'intersection des symétriques de $(A B)$ et $(A C)$ par rapport à $(C E)$ et $(B D)$. Montrer que les droites (XI) et (BC) sont perpendiculaires.
Solution de l'exercice 9

Notons $Y$ et $Z$ les intersections respectives de (DX) et (EX) avec la droite (BC). On va montrer que le triangle ZXY est isocèle en $X$ et que I est le centre de son cercle inscrit. Si on arrive à montrer ces propriétés, la conclusion de l'exercice suivrait. En effet, la droite (XI) est alors la bissectrice du triangle $X Y Z$ isocèle en $X$, donc en également la hauteur.
Soit $\omega$ le cercle inscrit du triangle $A B C$, on sait donc que la droite $(A B)$ est tangente à $\omega$, comme la droite $(\mathrm{CI})$ est un axe de symétrie de $\omega$ il suit que la droite (XE) est également tangente à $\omega$. De la même manière, la droite (DX) est tangente à $\omega$. Par définition la droite (YZ) est la droite (BC) donc également tangente à $\omega$. Cela montre que $\omega$ est le cercle inscrit du triangle XYZ. En particulier, la droite (XI) est la bissetrice issue de $X$.
On finit la preuve de l'exercice en montrant que $\widehat{X Z Y}=\widehat{X Y Z}$. On note $\alpha$ l'angle en $A$ dans le triangle ABC. On a alors,
$$
\begin{aligned}
\widehat{\mathrm{XZY}} & =\widehat{\mathrm{EZC}} \\
& =\widehat{\mathrm{XEC}}-\widehat{\mathrm{ECZ}} \\
& =\widehat{\mathrm{AEC}}-\widehat{\mathrm{ECA}} \\
& =\widehat{\mathrm{EAC}}=\alpha .
\end{aligned}
$$
De la même manière $\widehat{X Y Z}=\alpha$ ce qui montre bien que le triangle ZYX est isocèle en $X$ et conclut la preuve de l'exercice.
Commentaire des correcteurs : Cet exercice de géométrie a été abordé par très peu d'élèves. La plupart d'entre eux l'ont bien réussi, par diverses méthodes. Les méthodes de résolution les plus simples, dans cet exercice, étaient celles qui faisaient le plus appel aux arguments de symétrie. On ne peut que conseiller, face à une figure qui présente de telles symétries, de chercher à les exploiter.
## Exercices Seniors
Exercice 10. Trouver toutes les triplets d'entiers positifs $(x, y, z)$ satisfaisant l'équation
$$
x!+2^{y}=z!
$$
## Solution de l'exercice 10
Soit ( $x, y, z$ ) un triplet solution.
On cherche dans un premier temps à réduire le nombre de valeurs que $x$ peut prendre. Pour ce faire notons que $x!5>P(1001!+2)$. Il semble assez intuitif que cela implique qu'il existe un entier $k$ tel que $\mathrm{P}(\mathrm{k})=5$, nous allons prouver cela.
Soit $k$ le premier entier tel que $\mathrm{P}(\mathrm{k}) \leqslant 5$. On sait que $\mathrm{k}>1$, donc $\mathrm{P}(\mathrm{k}-1)>5$ par minimalité. Ainsi, on a forcément $P(k)=P(k-1)-1$ (pour avoir $P(k) \leqslant 5$ ), donc $P(k)>4$. Ainsi $P(k) \geqslant 5$, or par définition $P(k) \leqslant 5$, donc $P(k)=5$.
Ainsi la réponse à l'énoncé est oui : il existe bien un bloc de 1000 entiers consécutifs avec exactement cinq entiers premiers.
Commentaire des correcteurs : L'exercice a été très réussi par les élèves qui l'ont cherché. Une erreur que j'ai retrouvée souvent est au niveau de la preuve de l'existence de 1000 entiers consécutifs non premiers. Certains écrivent que $1000!, 1000!+1, \ldots, 1000!+999$ ne sont pas premiers, alors que rien ne permet de voir a priori que $1000!+1$ n'est pas premier. Par ailleurs, d'autres élèves ont voulu utilisé le théorème des nombres premiers, ce qui n'était pas forcément une bonne idée, car mettant en jeu des concepts d'équivalents de suite qui ne sont pas bien maîtrisés. Même si ce raisonnement peut être justifié, je n'ai pas jugé suffisant de dire que la densité des nombres premiers étant nulle, il existe 1000 entiers consécutifs tous non premiers.
Exercice 15. On dit qu'un nombre rationnel strictement positif q est magnifique s'il existe quatre entiers strictement positifs $a, b, c, d$ tels que
$$
\mathrm{q}=\frac{\mathrm{a}^{2021}+\mathrm{b}^{2023}}{\mathrm{c}^{2022}+\mathrm{d}^{2024}}
$$
Existe-t-il un rationnel strictement positif qui n'est pas magnifique?
## Solution de l'exercice 15
La question posée est assez déroutante : il a l'air d'être dur de décider ou non si un nombre peut s'écrire de cette forme. On peut donc essayer de se fixe un rationnel strictement positif de la forme $r / s$ avec $r, s$ des entiers strictement positif, et chercher des bons $a, b, c, d$ pour avoir
$$
\frac{r}{s}=\frac{a^{2021}+b^{2023}}{c^{2022}+d^{2024}}
$$
Cela permettra au moins de comprendre si tous les rationnels sont magnifique, ou de trouver un ensemble de rationnels qui pourraient être non magnifique. Ici le choix de $a, b, c, d$ n'est pas clair. Le plus naturel est de prendre $a=r^{r_{a}} \boldsymbol{s}^{s_{a}}, b=r^{r_{b}} s^{s_{b}}, c=r^{r_{c}} \boldsymbol{s}^{s_{c}}$ et $d=r^{r_{d}} \boldsymbol{s}^{s_{d}}$ avec les $r_{i}$ et $s_{i}$ des entiers positifs. On obtient alors :
$$
\frac{\mathrm{r}}{\mathrm{~s}}=\frac{\mathrm{r}^{2021 \mathrm{r}_{\mathrm{a}}} \mathrm{~s}^{2021 \mathrm{~s}_{\mathrm{a}}}+\mathrm{r}^{2023 r_{\mathrm{b}}} \mathrm{~s}^{2023 s_{\mathrm{b}}}}{\mathrm{r}^{2022 r_{\mathrm{c}}} \mathrm{~s}^{2022 s_{\mathrm{c}}}+\mathrm{r}^{2024 \mathrm{r}_{\mathrm{d}}} \mathrm{~s}^{2024 \mathrm{~s}_{\mathrm{d}}}}
$$
Pour espérer factoriser et simplifier ce terme, le plus simple est d'avoir $2021 r_{a}=2023 r_{b}$, i.e. de poser $r_{b}=2021 r_{1}$ et $r_{a}=2023 r_{1}$ pour un certain entier positif $r_{1}$. De même on pose $r_{c}=2024 r_{2}$ et $r_{d}=2022 r_{2}$ pour un certain entier positif $r_{2}, s_{a}=2023 s_{1}$ et $s_{b}=2021 s_{1}$ pour un certain entier positif $s_{1}$, et $s_{c}=2024 s_{2}$ et $s_{d}=2022 s_{2}$ pour un certain entier positif $r_{2}$.
On a alors
$$
\frac{r}{\mathrm{~s}}=\frac{\mathrm{r}^{2021 \times 2023 r_{1}} s^{2021 \times 2023 s_{1}}}{\mathrm{r}^{2022 \times 2024 \mathrm{r}_{2}} \mathrm{~s}^{2022 \times 2024 \mathrm{~s}_{2}}}=\mathrm{r}^{2021 \times 2023 \mathrm{r}_{1}-2022 \times 2024 \mathrm{r}_{2}} \mathrm{~s}^{2021 \times 2023 \mathrm{~s}_{1}-2022 \times 2024 \mathrm{~s}_{2}}
$$
Ainsi il suffit de trouver $r_{1}, r_{2}, s_{1}, s_{2}$ des entiers positifs tels que $2021 \times 2023 r_{1}-2022 \times 2024 r_{2}=1$ et $-2021 \times 2023 \mathrm{~s}_{1}+2022 \times 2024 \mathrm{~s}_{2}=1$. Pour cela, il suffit d'utiliser le théorème de Bézout. En effet, $2021 \times 2023$ et $2022 \times 2024$ sont premiers entre eux : si on raisonne par l'absurde en considérant $p$ un facteur premier de ces deux nombres, $p$ divise deux nombres entre 2021 et 2024, donc divise leur différence, donc $p=2$ ou 3 . Or $2021 \times 2023$ est impair, et non divisible par 3 , donc on a une contradiction. Ainsi il existe deux entiers $e, f$ tels que $2021 \times 2023 e-2022 \times 2024 f=1$. Quitte à rajouter $2022 \times 2024$ plusieurs fois à $e$, et $2021 \times 2023$ le même nombre de fois à $f$, on peut supposer $e, f$ positifs. De même il existe deux entiers positifs $g$ et $h$ tels que $-2021 \times 2023 g+2022 \times 2024 h=1$. Poser $s_{1}=g, s_{2}=h, r_{1}=$ $e, r_{2}=\mathrm{f}$ donne bien que $\mathrm{r} / \mathrm{s}$ est magnifique : ainsi tout rationnel strictement positif est magnifique.
Commentaire des correcteurs : L'exercice a été très réussi par les élèves qui l'ont cherché.
Exercice 16. Soit p un nombre premier. Martin la grenouille est situé en position 0 sur la droite réelle. A chaque seconde, Martin effectue un mouvement : il peut rester à sa position, faire un saut de 1 sur la droite, ou faire un saut de 1 sur la gauche. Martin souhaite être revenu au bout de $p-1$ mouvements à sa position initiale : il note alors $s_{p}$ le nombre de séquences de $p-1$ mouvements lui permettant de revenir à sa position initiale. Quel est le reste de $s_{p}$ modulo $p$ ?
Par exemple, pour $p=3, s_{p}=3$ puisque Martin peut choisit de rester à sa position deux fois, de faire un saut sur la droite puis sur la gauche, ou faire un saut sur la gauche puis sur la droite.
## Solution de l'exercice 16
On propose deux solutions : une première solution très élémentaire et uniquement combinatoire, et une seconde solution utilisant des idées de combinatoire analytique, couplées à de la théorie des nombres.
## Première solution :
Notons $a_{n}(k)$ le nombre de suites de $n$ mouvements tel que si Martin était initialement à la position 0 , il se retrouve à la position $k$ (par exemple, pour $n=2, a_{2}(0)=2$ et $a_{2}(2)=a_{2}(-2)=1$. Cela revient donc à compter le nombre de n uplets à valeurs dans $\{-1,0,1\}$ de somme $k$. On va essayer de comprendre $\left(a_{p}(k)\right)_{k}$ modulo $p$, et de trouver une relation de récurrence sur les $\left(a_{n}(k)\right)$ pour trouver le reste de $a_{p-1}(0)$ modulo $p$.
On va montrer le lemme suivant :
Lemme 1. $a_{p}(k)$ vaut 0 modulo $p$, sauf si $k=p, 0$ ou $-p$ : dans ce cas $a_{p}(k)$ vaut 1 modulo $p$.
Démonstration. On se fixe $k$ un entier différent de $\pm p$ (si $k= \pm p$, on voit bien que $a_{p}(k)=1$ ), on note $A$ l'ensemble des $p$ uplets de somme $k$. On définit $T: A \mapsto A$ l'application suivante : si $\left(a_{1}, \ldots, a_{p}\right)$ est dans $A, T\left(a_{1}, \ldots, a_{p}\right)=\left(a_{2}, \ldots, a_{p}, a_{1}\right)$. Il est clair que $T\left(a_{1}, \ldots, a_{p}\right)$ est bien dans $A$, et qu'en appliquant $p$ fois $T$ à un élément de $A$, on obtient le même élément de $A$. Notons que $T$ est clairement injective, donc bijective car $A$ est fini. Pour chaque $y$, on définit $\Omega_{y}:=\left\{T^{k}(y) \mid k \geqslant 0\right.$ où $T^{k}$ est la composée $k$ fois de $T$.
Soit $x, y$ deux éléments de $A$ tels que $\Omega_{y} \cap \Omega_{x}$ est non vide. Il existe $h, \ell$ positif tels que $T^{h}(x)=$ $T^{\ell}(y)$. En particulier en appliquant $\ell(p-1)$ fois $T, T^{h+\ell(p-1)}(x)=T^{\ell p}(y)=y$, donc pour tout entier j positif, $\mathrm{T}^{\mathrm{j}}(\mathrm{y})=\mathrm{T}^{\mathrm{h}+\ell(p-1)+\mathrm{j}}(\mathrm{x}) \in \Omega_{x}$ : on a donc $\Omega_{y} \subset \Omega_{x}$. De même on a l'inclusion réciproque, donc $\Omega_{x}=\Omega_{y}$. Ainsi les $\left(\Omega_{x}\right)$ partitionnent l'ensemble $A$.
Soit $x$ dans $A$, montrons que $\Omega_{x}$ est de cardinal $p$, sauf si $x=(0, \ldots, 0)$. Déjà, comme $T$ appliqué $p$ fois donne l'identité, on sait que $\Omega_{x}=\left\{T^{k}(x) \mid k \in\{0, \ldots, p-1\}\right.$ donc est au plus de cardinal $p$. Supposons qu'il existe $i \neq j$ deux éléments de $\{0, \ldots, p-1\}$ tels que $T^{i}(x)=T^{j}(x)$. Par symétrie, on peut supposer $ip-1$, donc un $p-1$-uplet de $\{-1,0,1\}$ ne peut pas avoir somme $3 p$. Ainsi la formule précédente donne que $s_{p-1}$ vaut 1 modulo $p$ et $p$ est de la forme $3 k+1, p-1$ si $p$ est de la forme $3 k+2$.
## Seconde solution :
L'énoncé peut être reformulé de la façon suivante : $s_{p}$ est le nombre de $p-1$ uplets dans $\{-1,0,1\}$ de somme nulle. En particulier, en ajoutant 1 à chaque pas, $s_{p}$ est le nombre de $p-1$ uplets dans $\{0,1,2\}$ de somme $p-1$. C'est donc également le coefficient de degré $p-1$ de $\left(1+X+X^{2}\right)^{p-1}$ d'après la théorie des séries génératrices : en effet, chaque terme du produit $\left(1+X+X^{2}\right) \ldots\left(1+X+X^{2}\right)$ correspond à $p-1$ choix de 0,1 ou 2 , et la somme des différents pas correspond à la puissance de $X$ dans le produit global.
Ainsi on cherche à comprendre ce que vaut le reste du $p-1$-ième coefficient de $Q(X):=\left(1+X+X^{2}\right)^{p-1}$ modulo $p$. On peut essayer de comprendre les valeurs de $Q$ modulo $p$ : si a est un entier, et $p$ ne divise pas $1+a+a^{2}, Q(a) \equiv 1(\bmod p)$ par le théorème de petit Fermat. Sinon $Q(a) \equiv 0(\bmod p)$.
En particulier $\sum_{a=0}^{p-1} Q(a) \equiv-n_{p}$ où $n$ est le nombre de solution de racines distinctes de $X^{2}+X+1$ modulo $p$. Pour $p=3$, il n'y a qu'une seule racine : 1 . Pour $p \neq 3,1$ n'est pas racine, donc ce sont les racines de $X^{3}-1$ différentes de 1 . Or il existe un élément d'ordre 3 modulo $p$ si et seulement si 3 divise $p-1$ : en effet, s'il existe un élément d'ordre 3 modulo $p$, par petit Fermat, 3 divise $p-1$. Si 3 divise $p-1$, soit $y$ une racine primitive modulo $p, y^{(p-1) / 3}$ est un élement d'ordre 3.
Ainsi $n_{3}=1$, si $p \neq 3$ et 3 ne divise pas $p-1, n_{p}=0$ et si $p \neq 3$ et 3 divise $p-1, X^{2}+X+1$ a une racine. Comme c'est un polynôme de degré 2 il a 2 racines. De plus celles-ci sont distinctes : sinon sont discrminant vaudrait 0 modulo $p$, or celui-ci vaut -3 . Ainsi si 3 divise $p-1, n=2$.
Or $Q$ est unitaire de degré $2(p-1)$. Ecrivons $Q$ sous la forme $\sum_{k=0}^{2(p-1)} a_{k} X^{k}$ avec $a_{2(p-1)}=1$ et $a_{p-1}=s_{p}$. Ona:
$$
\sum_{a=0}^{p-1} Q(a) \equiv \sum_{k=0}^{2(p-1)} a_{k} \sum_{a=0}^{p-1} a^{k} \quad(\bmod p)
$$
Pour $k=0, \sum_{a=0}^{p-1} a^{k} \equiv 0(\bmod p)$. Pour $k>0,0^{k}=0$, donc si on se donne $y$ une racine primitive modulo p ,
$$
\sum_{a=0}^{p-1} a^{k} \equiv \sum_{a=1}^{p-1} a^{k} \equiv \sum_{n=0}^{p-2}\left(y^{n}\right)^{k} \equiv \sum_{n=0}^{p-2}\left(y^{k}\right)^{n} \quad(\bmod p)
$$
Si $y^{k} \not \equiv 1(\bmod n)($ ce qui est le cas si $p-1$ ne divise pas $k)$, alors $\sum_{n=0}^{p-2}\left(y^{k}\right)^{n} \equiv \frac{y^{(p-1) k}-1}{y^{k}-1} \equiv 0(\bmod p)$ $\operatorname{car} y^{p-1} \equiv 1(\bmod p)$. Si $p-1$ divise $k, \sum_{n=0}^{p-2}\left(y^{k}\right)^{n} \equiv p-1(\bmod p)$. Ainsi, on obtient
$$
\sum_{a=0}^{p-1} Q(a) \equiv \sum_{k=0}^{2(p-1)} a_{k} \sum_{a=0}^{p-1} a^{k} \quad(\bmod p) \equiv-a_{p-1}-a_{2(p-1)}=-a_{p-1}-1
$$
Donc $\mathrm{a}_{\mathrm{p}-1} \equiv \mathrm{n}-1(\bmod \mathrm{p})$
Ainsi :
- Si $p=3$, le reste de $s_{p}$ modulo $p$ vaut 0 ,
- si $p \neq 3$ et 3 ne divise pas $p-1$ (i.e. si $p \equiv 2(\bmod 3)$ ), le reste de $s_{p}$ modulo $p$ vaut $p-1$,
- si 3 divise $p-1$, le reste de $s_{p}$ modulo $p$ vaut 1 .
Commentaire des correcteurs: L'exercice a été très peu réussi. Les élèves l'ayant réussi ont suivi la première solution. Beaucoup ont essayé de calculer une somme, puis se sont retrouvés très vite bloqués par les coefficients binomiaux, qu'il était difficile de regarder $\bmod p$.
$\mathcal{E}_{x e r c i c e}$ 17. Déterminer toutes les fonctions f injective de $\mathbb{N}$ dans $\mathbb{N}$ telles que tout polynôme $\sum_{i=0}^{n} a_{i} x^{i}$, celui-ci a une racine réelle si et seulement si le polynôme $\sum_{i=0}^{n} a_{i} x^{f(i)}$ a une racine réelle.
## Solution de l'exercice 17
Il s'avère que la condition d'injectivité était inutile : nous allons prouver le résultat sans l'injectivité de f. Notons que le polynôme 1 n'a pas de racine réelle, la condition de l'énoncé nous apprend que $\chi^{f(0)}$ n'en a pas non plus: la seule possibilité pour $f(0)$ est donc $f(0)=0$. De même, $f(n) \neq 0$ si $n \neq 0$ car $X^{n}$ a une racine réelle, et 1 n'en a pas.
Montrons que $f(n)$ a la même parité que $n$ pour tout entier $n$. Notons que si $n$ est pair, $X^{n}+1 n$ 'a pas de racine réelle donc $X^{f(n)}+1$ non plus. Ceci implique que $f(n)$ est pair (sinon -1 serait une racine réelle ). De même si $n$ est impair, $f(n)$ est impair. Posons $\alpha=f(1), \alpha$ est donc impair.
Soit $t$ un réel. Pour la suite, nous aurons besoin de comprendre, pour tout $b$ réel vérifiant $b>1$, si l'équation $x^{b}-x=t$ sur $\mathbb{R}^{+}$. Pour tout $t>0$, on pose $f_{b}: \mathbb{R}^{+} \rightarrow \mathbb{R}$ qui à $x$ associe $x^{b}-x$.
Lemme 2. L'équation $x^{b}-x=t$ a une solution si et seulement si $t \geqslant f_{b}\left(x_{b}\right)$ où $x_{b}=\left(\frac{1}{b}\right)^{\frac{1}{b-1}}$.
Démonstration. La fonction $\mathrm{f}_{\mathrm{b}}$ est continue et dérivable sur $\mathbb{R}^{+}$. Lla dérivée de $\mathrm{f}_{\mathrm{b}}$ est $\mathrm{b} x^{\mathrm{b}-1}-1$, qui est négative jusqu'en $x_{b}$ puis positive. Ainsi f décroît puis croît. Comme f a pour limite $+\infty$ en $+\infty$, les valeurs prises par $f$ sur $\mathbb{R}^{+}$sont exactement $\left[f\left(x_{b}\right),+\infty[\right.$ par continuité, ce qui donne le résultat voulu.
On aura aussi besoin du lemme suivant :
Lemme 3. Soit $b>a$ deux entiers strictement positifs, avec $b$ pair. Si l'équation $x^{b}-x^{a}=t a$ une solution, alors cette équation a une solution positive.
Démonstration. Soit $x$ une solution de l'équation. Comme best pair, $|x|^{b}-|x|^{a} \leqslant x^{b}-x^{a}=t$. Or l'application qui à $y$ associe $y^{b}-y^{a}$ est continue, et tend vers $+\infty$ en $+\infty$, donc l'équation $y^{b}-y^{a}=t$ a une solution dans $[|x|,+\infty[$, donc une solution positive.
Maintenant appliquons l'hypothèse de l'énoncé au polynôme $X^{2 n}-X-t$. Celui-ci a une racine réelle si et seulement si $t \geqslant f_{2 n}\left(x_{2 n}\right)$. En particulier, le polynôme $X^{f(2 n)}-X^{\alpha}-t$ a une racine réelle si et seulement si $t \geqslant f_{2 n}\left(x_{2 n}\right)$.
- $\operatorname{Si} \mathrm{f}(2 \mathrm{n})<\alpha$, alors la fonction qui à $x$ associe $\chi^{f(2 n)}-\chi^{\alpha}$ tend vers $-\infty$ et $+\infty$, et $+\infty$ en $-\infty$ car $\alpha$ est impair. Ainsi par continuité, l'équation $x^{f(2 n)}-x^{\alpha}=\mathrm{t}$ a toujours une solution donc $X^{f(2 n)}-X^{\alpha}-t$ a toujours une racine ce qui est absurde.
$-\operatorname{Si} f(2 \mathrm{n})=\alpha$, alors le polynôme n'a une racine que pour $\mathrm{t}=0$ ce qui est absurde.
Ainsi $f(2 \mathfrak{n})>\alpha$. En particulier , par le lemme précédent le polynôme $X^{f(2 \mathfrak{n})}-X^{\alpha}-t$ a une racine réelle si et seulement s'il a une racine réelle positive, c'est-à-dire si et seulement si l'équation $\chi^{\mathrm{f}(2 \mathfrak{n})}-\chi^{\alpha}=\mathrm{t}$ a une solution positive. Comme $x \mapsto \chi^{\alpha}$ est bijectif de $\mathbb{R}^{+}$dans $\mathbb{R}^{+}$, le polynôme $X^{f(2 n)}-X^{\alpha}-t$ a une racine réelle si et seulement si l'équation $\chi^{f(2 n) / \alpha}-\chi=t$ a une racine positive, donc si et seulement si $t \geqslant f_{f(2 n) / \alpha}\left(x_{f(2 n) / \alpha}\right)$. Posons $u=f(2 n) / \alpha>1$, on a donc $f_{u}\left(x_{\mathfrak{u}}\right)=f_{2 n}\left(x_{2 n}\right)$.
- Si $2 n>u$, Comme $x_{u}<1, f_{u}\left(x_{u}\right)>f_{2 n}\left(x_{u}\right) \geqslant f_{2 n}\left(x_{2 n}\right)=f_{u}\left(x_{u}\right)$ (via les variations de $f_{2 n}$ ) ce qui est absurde.
- Si $2 nf_{u}\left(x_{2 n}\right) \geqslant f_{u}\left(x_{u}\right)=f_{2 n}\left(x_{2 n}\right)$ (via les variations de $f_{u}$ ) ce qui est absurde.
Ainsi $u=2 \mathfrak{n}$, donc $\mathbf{f}(2 \mathfrak{n})=2 \mathfrak{n} \boldsymbol{\alpha}$.
Il reste alors à montrer que si n est impair, $\mathrm{f}(\mathrm{n})=\alpha \mathrm{n}$. Pour cela on fait de même que dans l'argument précédent : on regarde le polynôme $X^{2 n}-X^{n}-t$, on montre qu'il a une racine réelle si et seulement si
$t \geqslant f_{2 n / n}\left(x_{2 n / n}\right)=f_{2}\left(x_{2}\right)$. Ensuite on obtient que $X^{f(2 n)}-X^{f(n)}-t$ a une racine si et seulement si $t \geqslant f_{2}\left(x_{2}\right)$. Comme $f(n)$ est impair, et $f(2 n)$ pair, on en déduit que $f(2 n)>f(n)$, puis que $f_{2}\left(x_{2}\right)=$ $f_{f(2 n) / f(n)}\left(x_{f(2 n) / f(n)}\right)$. De même on prouve que $f(2 n) / f(n)=2$, donc $f(2 n)=2 f(n)$. Or $f(2 n)=$ $2 \mathrm{n} \alpha$, donc $\mathrm{f}(\mathrm{n})=\mathrm{n} \alpha$. Ainsi si f est solution, f est de la forme $\mathrm{f}: \mathrm{n} \mapsto$ an pour un certain a impair.
Réciproquement s'il existe a impair tel que $f(n)=$ an pour tout entier positif $n$, alors si le polynôme $\sum_{k=0}^{n} a_{k} X^{k}$ a une racine réelle $x_{0}$, le polynôme $\sum_{k=0}^{n} a_{k} X^{f(k)}=\sum_{k=0}^{n} a_{k} X^{a k}$ a pour racine $x_{0}^{1 / a}$. Réciproquement si $\sum_{k=0}^{n} a_{k} X^{a k}$ a une racine réelle $y_{0}, y_{0}^{a}$ est racine de $\sum_{k=0}^{n} a_{k} X^{k}$. Ainsi $f$ vérifie bien l'énoncé.
Les fonctions vérifiant l'énoncé sont les fonctions telles qu'il existe a impair tel que $f(n)=$ an pour tout entier positif n .
Commentaire des correcteurs : L'exercice a été très peu abordé, mais les élèves l'ayant abordé ont majoritairement réussi l'exercice avec des preuves variées. Attention aux expressions de la forme $\chi^{q}$ avec $q$ rationnel et $x$ négatif : cela n'a pas forcément un sens clair. Il faut être très précautionneux.
Exercice 18. Un quadrilatère convexe $A B C D$ admet un cercle inscrit de centre $I$. Soit $\mathrm{I}_{\mathrm{a}}, \mathrm{I}_{\mathrm{b}}, \mathrm{I}_{\mathrm{c}}$ et $\mathrm{I}_{\mathrm{d}}$ les centres des cercles inscrits de triangles $\mathrm{DAB}, \mathrm{ABC}, \mathrm{BCD}$ et $C D A$ respectivement. On suppose que les tangentes communes aux cercle circonscrits de $\mathrm{AI}_{\mathrm{b}} \mathrm{I}_{\mathrm{d}}$ et $\mathrm{Cl}_{\mathrm{b}} \mathrm{I}_{\mathrm{d}}$ se rencontrent en $X$ et que les tangentes commune extérieures des cercles circonscrits de $\mathrm{BI}_{\mathrm{a}} \mathrm{I}_{\mathrm{c}}$ et $\mathrm{DI}_{\mathrm{a}} \mathrm{I}_{\mathrm{c}}$ se rencontrent en $Y$. Montrer que $\widehat{\mathrm{XIY}}=90$.
## Solution de l'exercice 18
On note $\omega_{i}$ le cercle inscrit de centre $I_{i}$ et de rayon $r_{i}$ pour $i \in\{A, B, C, D\}$, on note également $O_{A}, O_{B}$, $O_{C}$ et $O_{D}$ les centres des cercles $A I_{b} I_{d}, B I_{a} I_{c}, C I_{b} I_{d}$ et $D I_{a} I_{c}$. On commence par démontrer le lemme suivant:
Lemme 4. Les cercles $\omega_{a}$ et $\omega_{c}$ sont tangents tous les deux en le même point sur (AC).
Preuve : (On référe également au Lemme 36 du cours de Géométrie D de Valbonne 2022).

Soit $X_{a}$ le point de tangence de $\omega_{a}$ sur (BD) et $X_{c}$ le point de tangence de $\omega_{c}$ sur (BD). On sait que $A B C D$ est circonscriptible, cela implique que $A B-A D=B C-C D$. On Peut calculer la distance $B X_{a}$ elle vaut
$$
B X_{a}=\frac{A B-A D+B D}{2}=\frac{B C-C D+B D}{2}=B X_{c},
$$
ce qui montre que $X_{a}=X_{c}$.
On renomme $T$ le point de tangence. Alors les points $\mathrm{I}_{a}, T$ et $\mathrm{I}_{c}$ sont alignés et $\left(I_{a} I_{c}\right) \perp(B D)$. On note $\widehat{A B T}=2 \varphi$ et $\widehat{T B C}=2 \mu$, alors $\widehat{A B I}=\varphi+\mu$ et $\widehat{\mathrm{ABI}_{a}}=\varphi$, ce qui montre que $\widehat{I_{a} B I}=\mu$ et ainsi que les droites (BT) et (BI) sont conjuguées isogonales dans le triangle $\mathrm{BI}_{\mathrm{a}} \mathrm{I}_{\mathrm{c}}$, or (BT) est la hauteur dans ce même triangle et par un lemme classique on sait alors que la droite (BI) passe également par le centre du cercle circonscrit au triangle $\mathrm{BI}_{\mathrm{a}} \mathrm{I}_{\mathrm{c}}$. Donc $\mathrm{O}_{B}$ est sur la droite (BI). De la même manière $\mathrm{O}_{\mathrm{D}}$ se trouve sur la droite (DI). On sait aussi que $\left(O_{B} O_{D}\right) \perp\left(I_{a} I_{c}\right)$ donc $(D B) / /\left(O_{B} O_{D}\right)$. On va maintenant démontrer que la droite (IY) bissecte l'angle $\widehat{\text { BID. }}$. $X$ se trouve sur la droite $\mathrm{O}_{B} \mathrm{O}_{D}$ de telle sorte que $\frac{X O_{B}}{\mathrm{XO}_{\mathrm{D}}}=\frac{\mathrm{r}_{\mathrm{b}}}{\mathrm{r}_{\mathrm{d}}}$, par le lemme de la bissectrice on veut montrer que $\frac{\mathrm{IO}_{B}}{\mathrm{IO}}=\frac{\mathrm{r}_{\mathrm{b}}}{r_{d}}$, or comme $(\mathrm{DB}) / /\left(\mathrm{O}_{B} \mathrm{O}_{\mathrm{D}}\right)$
on a $\frac{\mathrm{IO}_{\mathrm{B}}}{\mathrm{IO}}=\frac{\mathrm{IB}}{\mathrm{ID}}$. On calcule maintenant
$$
X:=r_{b} \cdot \frac{1}{r_{d}}=\frac{\sin (\widehat{\mathrm{IAB}}) \cdot A \mathrm{II}}{\sin (\widehat{\mathrm{ABI}})} \frac{\sin (\widehat{\mathrm{ADI}})}{\sin (\widehat{\mathrm{IAD}}) \cdot \mathrm{AI}}
$$
d'après la loi des sinus dans les triangles IAB et IAD, on a d'une part $X=\frac{\sin (\widehat{A D I})}{\sin (\widehat{A B I})}$. On trouve d'autre part,
$$
X^{\prime}:=r_{b} \cdot \frac{1}{r_{d}}=\frac{2 I_{a} I_{c}}{\sin \left(\widehat{I_{a} D I_{c}}\right)} \cdot \frac{\sin \left(\widehat{I_{a} B I_{c}}\right)}{2 \mathrm{I}_{\mathrm{a}} \mathrm{I}_{c}}=\frac{\sin \left(\widehat{\mathrm{I}_{\mathrm{a}} \mathrm{DI}_{\mathrm{c}}}\right)}{\sin \left(\widehat{\mathrm{I}_{\mathrm{a}} \mathrm{I}_{\mathrm{c}}}\right)},
$$
or, $\widehat{A D I}=\widehat{A D C} / 2=\widehat{\mathrm{I}_{\mathrm{a}} \mathrm{DI}_{\mathrm{c}}}$ et également $\widehat{A B I}=\widehat{\mathrm{I}_{\mathrm{a}} \mathrm{BI}_{\mathrm{c}}}$ ce qui montre que $X=\mathrm{X}^{\prime}$ et ainsi que la droite (IY) est la bissectrice extérieure de l'angle $\widehat{\text { BID }}$. On montre de la même manière que la droite (XI) est la bissectrice extérieure de l'angle $\widehat{A I C}$. Dans le but de démontrer que $\widehat{X I Y}=90$ il faut démontrer que les angles $\widehat{A I C}$ et $\widehat{\text { BID }}$ ont les même bissectrice. Si la proposition suivante est vraie alors, (DI, IC) $=$ $(A I, I B)$. Ou encore $(C I, I D)+(A I, I B) \equiv 0(\bmod 180)$. On va démontrer cette dernière relation, on appelle $E$ le point d'intersection des droites (AD) et (BC), Alors (AI, IB) $=90+\frac{(B E, E A)}{2}$ et $(C I, I D)=90-\frac{(B E, E A)}{2}, \operatorname{donc}(A I, I B)+(B E, E A)=180 \equiv 0(\bmod 180)$, ce qui conclut.
Commentaire des correcteurs: Bien résolu pour les quelques élèves qui ont rendu une copie.